Réglementations spéciales offshore et navigation hauturière

Les nouvelles Réglementations Spéciales Offshore (RSO) viennent d’être publiées par World Sailing, la Fédération internationale de voile. Valables pour les deux années à venir (2020-2021), elles sont traduites en français et disponibles en consultation et téléchargement sur le site de la Fédération Française de Voile. 
Ces règles, composant un document d’une soixantaine de pages, s’imposent à tous les voiliers et navigateurs participant aux courses en habitable. S’il en est question ici, c’est qu’elles constituent par ailleurs une excellente base de réflexion pour la préparation d’une navigation hauturière et/ou l’armement d’un bateau de grande croisière, en complément des obligations réglementaires (Division 240) qui – de mon point de vue – ne couvrent pas tout le champ du nécessaire et de l’indispensable. 

Photo matériel de sécurité à la vente dans les rayons d'un shipchandler
S’il n’est pas forcément indispensable de vider le magasin,
l’armement de sécurité ne se compose pas à la légère (photo F. Augendre)

Très détaillées, les RSO fournissent des préconisations selon les types de voiliers, monocoques et multicoques, et en fonction de la catégorie de course. A titre d’exemple, les épreuves de niveau 4 sont des « courses courtes, proches de la côte dans des eaux relativement chaudes et protégées, se déroulant normalement de jour », le niveau 0 correspond aux courses océaniques très engagées traversant des régions froides (les tours du monde par les trois caps collent parfaitement à la définition). Les courses transatlantiques rentrent dans la catégorie 1, une traversée du Golfe de Gascogne est classée 2.
Rien n’est laissé au hasard : conception du navire, stabilité, prévention et récupération de l’homme à la mer, propulsion auxiliaire, qualité de l’installation électrique, gouvernes de secours, voilures de gros temps, équipements personnels.

Les RSO fixent aussi des exigences en matière de formation à la survie (selon la catégorie de course une partie déterminée de l’équipage doit avoir suivi un stage World Sailing, que je recommande à tous les plaisanciers).

La commission médicale de la Fédération Française de Voile publie par ailleurs la composition de la pharmacie RSO pour les courses 0, 1, 2 et 3. C’est une référence très solide pour la constitution d’une pharmacie de bord digne de ce nom, que l’on constituera quoiqu’il arrive en discussion avec son médecin traitant. Il en va finalement sur le sujet de la sécurité comme dans bien d’autres domaines de la navigation à voile (manoeuvres, réglages, stratégie de route …) : la course est une excellente prescriptrice des bons usages à adopter en croisière.