Mon parcours

Frederic Aujendre a la maneuvre sur le trimaran Sodebo with the skipper Thomas coville in Preparation for La Route du Rhum La Banque Postale 2010.
A la manoeuvre sur Sodebo 3, le maxi-trimaran de Thomas Coville, mené en « faux solitaire » (seul mais avec le skipper et ses équipiers en stand-by) lors d’un reportage pour Voiles et Voiliers (photo Christophe Launay)

Tout petit, déjà … Cela peut faire cliché, mais c’est bien ainsi que cela s’est passé. Je devais avoir cinq ans lorsque j’ai pris la barre d’un 420, huit ans lorsque mon père m’a construit mon Optimist. Les croisières familiales nous emmenaient autour de la Bretagne, en Espagne, aux Scillys ou en Cornouailles. Il n’y avait pas de pilote automatique, nous prenions nos quarts comme des grands… ou presque. Mes parents ont eu un classe II IOR en bois moulé, un Kelt 8m, puis un half-tonner. A douze ans j’embarquais pour ma première course du RORC, la Channel Race. Le reste de l’année j’usais mes fonds de culotte au rappel sur Optimist, puis Moth Europe et encore Yole OK. Bientôt j’écumais les bourses aux équipiers et les petites annonces des yacht-clubs, mon père signant des autorisations aux propriétaires qui m’embarquaient en course ou en convoyage alors que j’étais encore mineur. Etudiant, j’étais abonné aux entraînements d’hiver de la Trinité sur Mer et au calendrier anglais du RORC. J’ai ainsi couru un tour de France à la voile, trois Fastnet, deux Admiral’s Cup, une One Ton Cup …

Transquadra 2011-2012, 2d stage (from Madeira to Martinique). Spi manoeuvre at sunset on a Bongo 960 (Pierre Rolland design)
Dans l’alizé, pendant la Transquadra courue en double, empannage avant la nuit (Photo Frédéric Augendre)

Grand reporter au service des sports d’un quotidien national, j’ai plus tard côtoyé les meilleurs spécialistes du grand large. La rubrique voile que j’avais développée m’a permis d’embarquer sur les meilleurs multicoques et monocoques océaniques, en entraînement, en convoyage – souvent musclés – et plus occasionnellement en course. En rejoignant ensuite la rédaction du magazine Voiles et Voiliers, j’ai navigué sur une foule de supports, du petit multicoque familial de 25 pieds au maxi trimaran, en passant par les bateaux de production, de toutes tailles, dont nous réalisions l’essai pour nos lecteurs. Devenu rédacteur en chef adjoint en charge des Hors séries et des livres pédagogiques, j’ai passé en revue tous les thèmes : réglages de voiles et manoeuvres au moteur, routage météo et cohésion d’équipage, équipements électroniques, art de la navigation et connaissance des cordages modernes. Parallèlement, j’ai été repris par le virus de la compétition, en équipage complet comme en double, autour de trois bouées comme à l’échelle de l’océan. J’ai traversé l’Atlantique dans les deux sens, en course et en convoyage, revu pour une quatrième fois le rocher du Fastnet, avec une victoire à la clé.

En plus de 60 000 milles de navigation, on apprend certes à faire avancer un bateau, mais surtout à le mener à bon port, de manière sûre. Cette expérience a été validée par la délivrance d’un Yachtmaster offshore, décerné par la Royal Yachting Association de Grande Bretagne. Ce brevet de skipper, le plus représentatif à l’échelle internationale pour les professionnels de la plaisance, ne sanctionne pas un parcours de formation mais un niveau de compétences. Les examinateurs nous évaluent sur nos qualités manoeuvrières, notre sens marin, mais aussi la gestion d’équipage, le soin apporté à la sécurité, les capacités d’anticipation, la prise en compte de ce que sont les responsabilités d’un professionnel vis à vis du bateau qu’il a en charge, de son armateur, et de ceux qui l’accompagnent en mer.