David Raison et la philosophie du scow

L’édition de février du magazine britannique Seahorse vient de paraître, avec mon article sur l’architecte David Raison, auteur d’un spectaculaire doublé en fin d’année 2019 sur le front des courses océaniques.

Quatre pages sur la façon dont David Raison a imposé le concept des scows en course océanique, c’est à lire dans Seahorse, disponible en kiosque ou en ligne.

Tandis que le proto 650 n° 865, nom de baptême Maximum, remportait pour la deuxième édition consécutive la Minitransat, le premier Classe 40 dessiné par Raison écrasait de son côté la concurrence dans la Transat Jacques Vabre, en établissant au passage un nouveau temps de référence sur 24 heures : 415,6 milles sur deux tours d’horloge, soit plus de 17 noeuds de moyenne horaire. Pour faire bon poids, un Maxi 650, mini de série dû au même architecte améliorait de son côté la référence en 24 heures pour sa catégorie, à 12,1 noeuds de vitesse moyenne.

C’est un véritable triomphe pour une philosophie architecturale dont la marque la plus spectaculaire réside dans ces « gros nez » évoquant l’étrave d’une péniche et traduisant une forte largeur de carène dans les sections avant. Voici dix ans que Raison avait commencé à bouleverser les codes esthétiques et archirecturaux avec son premier bateau, nommé Magnum pour sa ressemblance avec un certain bâtonnet glacé, qui après une mise au point délicate allait bientôt gagner toutes les courses au départ desquelles il s’alignait.

Septembre 2010, je photographie pour Voiles et Voiliers l’essai du Magnum à la Rochelle (Photo F. Augendre)

Le principe, hérité des scows américains qui naviguent depuis des décennies sur les plans d’eau intérieurs, consiste à augmenter la raideur à la toile (et donc la puissance) en exploitant la largeur à la flottaison non seulement au milieu du bateau ou à l’arrière, mais jusqu’à l’étrave. Le génie de Raison a été de l’appliquer à la navigation océanique, en apportant les bonnes réponses à la question de savoir comment ce type de carènes se comporterait en mer ouverte.

Dès lors que la validité du concept était avérée, le plus curieux n’était plus l’esthétique qui en découle, mais bien le fait qu’il n’ait pas plus rapidement proliféré. La classe Mini, fabuleux laboratoire architectural et technologique, a fini par voir naître plusieurs scows, dont le plus extrême (et malheureusement trop lourd) est le foiler à voile épaisse Arkema, dessiné par Romaric Nayhousser, et dont j’avais réalisé l’essai en 2017.

Lorsque le mini-foller prend son envol (Photo F. Augendre)

L’an dernier deux chantiers ont lancé des minis scows de série, respectivement sur plans David Raison et Etienne Bertrand. Il a aussi fallu attendre près d’une dizaine d’années pour voir apparaître les premiers scows au sein de la Classe 40… dont les règlements avait été modifiés pour précisément interdire les gros nez ! Comment Raison a-t-il réglé le problème, et au-delà de ces étraves rondes qui ne résument pas toute sa philosophie architecturale, quels sont les secrets de ces bateaux incroyablement performants ? Pour en savoir plus, lisez Seahorse …