Skipper en Corse sur un Jeanneau 57

Cette photo est prise en tête de mât d’un Jeanneau 57, qui usait sa drisse de grand voile mouflée (c’est à dire montée en aller retour avec point fixe en haut et poulie sur la têtière de la voile) à une vitesse anormale. Sur une unité de cette taille, il n’est pas simple de bien discerner depuis le pont ce qui se passe là-haut, même avec une bonne paire de jumelles, aussi a-t-il fallu monter pour découvrir le pot-aux-roses, pour ne pas dire le sac de noeuds : un bête conflit entre drisse et balancine. Une fois les cordages décroisés, il n’en a pas moins fallu remplacer la drisse blessée.

Cette péripétie mise à part, la croisière de dix jours au départ de Calvi s’est déroulée comme un charme. Les propriétaires du bateau, plaisanciers expérimentés qui depuis le début de l’été naviguaient sur leur nouveau voilier avec un couple d’amis, étaient cette fois-ci seuls avec leurs enfants et petits-enfants. Dans ce nouveau contexte, ils avaient souhaité le renfort d’un professionnel pour sécuriser la navigation.

La météo n’a pas toujours été parfaitement clémente pour un mois d’août, il a fallu dans les premiers jours gérer le mal de mer des petits, et veiller à ne pas trop allonger les étapes. Cette grosse semaine nous a cependant permis de descendre jusqu’à Propriano, non sans nous attarder à l’aller comme au retour dans la réserve de la Scandola (attention, mouillage diurne uniquement), ou dans le minuscule port de Girolata, dont on ne se lasse pas (pas plus que de ses bonnes tables, nichées dans un cadre exceptionnel).

La croisière aura été aussi l’occasion de peaufiner avec les propriétaires les manoeuvres de port : ils possédaient auparavant un voilier de 45 pieds, et la transition vers un bateau de près de 18 mètres comme le Jeanneau 57 n’est pas une petite affaire. S’agissant d’un voilier acheté d’occasion, il y avait comme toujours de nombreux détails techniques à découvrir, améliorer ou réparer : mon rapport technique en fin de mission a fourni toute une série de pistes pour le futur chantier d’hiver.