600 milles en double sur un J111

Vendredi 4 novembre s’est achevé à la Seyne sur Mer le convoyage depuis Malte d’un J111, Fastwave, qui venait de participer à la Middle Sea Race, une course magnifique dont le parcours fait le tour de la Sicile et de ses îles satellites.  J’étais en terrain de connaissance, pour avoir réalisé voici cinq ans pour Voiles et Voiliers l’essai et du premier modèle vendu en France. Ce bateau élancé de 11 m est un pur J Boat, carène étroite, spi asymétrique de dimensions plus que généreuses sur un long bout-dehors, grande barre à roue, conçu comme un véritable racer, il ne fait pas de grandes concessions au confort. Bas de franc-bord, tendance humide dans la mer formée, mais une merveille d’équilibre à la barre, une glisse remarquable dans les petits airs, et une capacité à lâcher les chevaux dès que cela souffle et que l’on commence à ouvrir les voiles.

Au large de Marsala (Sicile), le patron à la barre. Fin de journée, un ris, short et manches courtes. La Méditerranée en fin de saison réserve comme cela quelques petits moments de grâce.

IUn BMS (Bulletin météo spécial) nous attendait pour l’atterrissage en Corse, c’est là qu’il fallait opérer des choix, nos amis de Jivaro – un J133 qui rentrait lui aussi à La Seyne sur Mer – optant pour le passage par l’archipel de Maddalena et les Bouches de Bonifacio et une escale à Ajaccio le temps du coup de vent, tandis que de notre côté nous choisissions les eaux abritées de la côte orientale et un stop à Bastia, en quête d’un petit restaurant que j’ai découvert en août dernier – hélas fermé en cette saison – et d’un ami, propriétaire d’un Grand Soleil 42, qui lui était bien au rendez-vous.

Pour éviter la panne de gasoil nous avons dû ravitailler le lendemain à Porquerolles, à une poignée de milles du but : 90 minutes de coupure hors du temps, pour un petit café et deux courses à la boulangerie de la place d’Armes, à une heure où l’île s’ébroue en l’attente des premières navettes touristiques du jour. Il y a comme cela en convoyage des moments magiques, qui nous rappellent que si notre métier est fait de servitudes, il est aussi source de petits et grands plaisirs, dont on ne se lasse pas.