Cinq jours de coaching en Bretagne Sud

Dans ce groupe de trois clients, il y en avait deux qui venaient d’acheter en co-propriété un petit bateau de croisière basé en Méditerranée, et un qui réfléchit sérieusement à prendre une année sabbatique sur l’eau en famille. Tous trois voulaient perfectionner leurs connaissances nautiques, se mettre en confiance, compléter leurs savoir-faire. Je leur ai proposé pour terrain de jeu la Bretagne Sud, pas trop loin de Paris où ils résident, et je les ai orienté vers la société ACV à Lorient, qui dans sa flotte de locations compte des bateaux plus pointus et plus vivante que les unités de croisière « tranquilles » proposées par la plupart des loueurs. Notre choix s’est porté sur un Sun Fast 3200, voilier de course-croisière performant, particulièrement raide à la toile et stable de route, tout à fait ce qu’il nous fallait pour travailler les réglages et les manoeuvres de voile. La configuration bi-safran pose des problèmes particuliers dans les manoeuvres de port, mais il faut savoir faire des compromis.

Notre Sun Fast 3200 dans l’avant-port de Belle Ile, sous la lumière radieuse du petit matin.

Au départ de Lorient notre mini-croisière studieuse nous a mené en baie de Quiberon, en passant par Groix et Belle-Ile. Calculs de marée, prises de ris et réduction de voile d’avant, utilisation des penons pour régler et barrer, envoi de spi et empannages, calculs de marée et stratégies de route, météo, prises de ponton et de catway, gestion des routes de collision et révision du RIPAM, nos journées étaient bien chargées et le travail se poursuivait bien souvent le soir dans le carré. Une demande importante concernait les outils électroniques et informatiques, la navigation sur tablette, le choix des applications pertinentes et leur utilisation raisonnée, un sujet loin d’être anodin; elle a donné lieu à des discussions poussées, permis de démystifier quelques croyances et de redonner toute sa place à l’esprit critique et au doute systématique dont le navigateur ne devrait jamais se départir, même devant une belle image logicielle fournissant une trompeuse illusion de certitude et d’hyper-précision.
Cette semaine riche et intense a trouvé son prolongement naturel un mois plus tard lorsque j’ai accompagné l’un des co-propriétaires à Toulon, où il prenait possession de leur First 27 pour le convoyer jusqu’à Port de Bouc. C’est à quelques encablures de mon nouveau port d’attache marseillais, si bien que je devrais avoir des nouvelles régulières d’un projet qui réclamera pas mal d’huile de coude pour redonner des airs coquets au bateau acheté dans son jus, mais promet de beaux moments sur l’eau. Il y aura forcément d’autres suites, ne serait-ce qu’avec le troisième membre de l’équipée lorsqu’il s’agira pour lui de choisir un voilier de voyage et de le prendre en main.