Sur la côte Ouest de la Corse, en Sun Odyssey 469

En arrivant sur le mouillage de Campo Moro, à l’entrée du golfe de Valinco. Le matin même, nous quittions Rocapina sous de solide rafales et dans une mer formée, avec juste un peu de toile sur l’avant (photo F. Augendre)

J’accompagnais cette fois-ci une famille de six personnes qui avait loué un bateau pour une semaine au départ d’Ajaccio, et dont la quasi-totalité n’avait jamais mis les pieds sur un bateau. Le programme de navigation s’est avéré délicat à affiner jour après jour, la Corse encaissant coup sur coup une période de Mistral levant une forte houle sur la côte Ouest, puis une tempête d’Est qui se faisait sentir assez loin jusque dans le Nord des Bouches de Bonifacio et dans le Sud du cap Corse. Dans ces circonstances, le choix a été vite tranché : notre croisière partirait vers le Sud, où la côte est plus découpée, les abris plus nombreux, et les étapes plus courtes.

La première nuit s’est avérée une rude mise à l’épreuve, dans un mouillage inhabituellement (et terriblement) rouleur, et 48 heures plus tard une escale à quai, dans le port de Propriano, a permis à tout le monde de souffler. Mais après cela il n’était plus question de mal de mer, tout le monde s’était sans même s’en rendre compte amariné, et même le retour de Rocapina, par un bon force 7 aux allures portantes, a été encaissé sans broncher. L’émerveillement était comme d’habitude au rendez-vous (en Corse tout est beau), en cette fin septembre l’eau devait friser les 24°, et nous avons pris soin de jeter l’ancre chaque midi pour le déjeuner, en prenant tout le temps nécessaire pour le farniente et la baignade. D’Ajaccio au superbe mouillage de l’anse de Rocapina notre terrain de jeu est resté par la force des évènements un peu restreint, mais en croisière il n’est pas forcément nécessaire d’abattre les milles en quantité pour se régaler.