En RM 890, de Portsmouth à La Rochelle

Je faisais connaissance du RM 890 à l’occasion de ce convoyage de Portsmouth (Grande Bretagne) à La Rochelle, réalisé pour le compte du chantier Fora Marine. J’ai découvert un petit bateau aussi sympathique que son allure le laissait à penser. Les aménagements sont aussi cohérents que lumineux, tandis que dans cette version monoquille et bi-safran les performances sont au rendez-vous (7,5 à 8 noeuds au reaching dans 15-18 noeuds de vent). Un seul point faible à mes yeux, le dessin du cockpit, où en raison d’hiloires un peu basses et d’absence de cale-pieds central j’ai eu du mal à me poser véritablement.

Dans la rue principale de Gosport, à l’heure du breakfast. Encore une petite madeleine de Proust : adolescent, puis étudiant, je faisais régulièrement escale là-bas, à la veille ou au retour d’une de ces courses-croisières du RORC qui composaient mon ordinaire (photo Frédéric Augendre)

Alors qu’une dorsale s’étendait sur la Manche et le Golfe de Gascogne, cette navigation s’avérait d’un relatif repos (froid de gueux, mais vents portants faibles à modérés). C’était sans compter l’invraisemblable coïncidence de trois rencontres avec des engins de pêche (en service ou non). Les mésaventures ont débuté à mi-chemin de l’Angleterre et des côtes françaises, lorsqu’un orin de pêche s’est pris dans l’hélice. Si près du rail des cargos, et en quasi-absence de vent, il n’y a pas eu d’autre choix que de plonger. C’est le moment où l’on se félicite d’avoir toujours un masque dans son sac de convoyeur … et où l’on se promet à l’avenir d’y ajouter une combinaison néoprène.

Content d’en être venu à bout. Très heureux, aussi, d’avoir fait du moteur : il y avait de l’eau chaude pour la douche (photo Frédéric Augendre)

A quelques milles de l’entrée du chenal du Four, c’est cette fois-ci un filet ou un casier « en activité » que nous accrochions, de nuit, dans la quille et les safrans. Toutes les manoeuvres (à la voile) pour s’extraire du piège seront vaines, jusqu’à la renverse du courant qui permettra au bateau de se libérer quasi-miraculeusement. Jamais deux sans trois … A deux heures de la Rochelle, dans le Pertuis Breton, et toujours de nuit, le hasard plaçait une bouée de casier pile sur notre route. Les pêcheurs équiperont-ils un jour leurs engins de pêche de moyens de repérage lumineux ?