Retour de croisière dans les Eoliennes

Les îles Eoliennes se méritent, à une quinzaine de milles au plus court de la côte nord de la Sicile, mais à une bonne journée (ou une nuit) de mer de Palerme, ou encore à trente milles du port calabrais de Tropéa, dans le Sud de la botte italienne. Les mouillages y sont assez inconfortables, aussi bien en raison de l’absence de baie ou de crique un tant soit peu fermée que du passage important de grands yachts et de navires à passagers. Au bord des rivages volcaniques les fonds tombent à pic, on jette l’ancre dans beaucoup de fond, il y a très peu d’abris en cas de mauvais temps, et les rares marinas sont parfois horriblement chères (98 euros la nuit à Salina pour un Elan 340). Voilà pour les aspects éventuellement rébarbatifs de l’archipel, car une fois dit tout cela, de quoi se plaindrait-t-on? Sur place, on navigue en sauts de puce n’excédant pas une dizaine de milles. Aucune île ne ressemble à ses voisines, depuis les plus reculées et les moins fréquentées (Filicudi et Alicudi – nous n’avons pas poussé jusqu’à cette dernière) jusqu’à la plus coquette – et la plus snob- Panarea, sans oublier la plus célèbre, Stromboli, au volcan toujours actif, la paisible Vulcano, un peu délaissée, ou la plus remuante – la « capitale » – Lipari. En été les vents sont modestes mais on ne s’en plaint pas, étant donné ce qui a été exposé plus haut sur les mouillages; on brûle bien un peu de gasoil sous le vent des îles, mais le thermique est souvent au rendez-vous. Si un un coup de vent s’annonce, on se replie au mouillage de Vulcano, ou dans un port très bien abrité de Lipari (c’était notre option, et il ne faut jamais se plaindre d’un épisode de baston en croisière, c’est le prétexte à louer une voiture pour une autre forme de tourisme). Certains paysages sont étonnants (on n’en dira pas plus pour éviter l’hyperbole et les superlatifs, la photo ci-dessous parlera d’elle même); la gastronomie… on ne s’en est toujours pas lassés, et on en redemande. Une croisière dans ces lieux s’organise très aisément, sur une semaine s’il le faut, mais de façon assurément plus confortable sur quinze jours, avec un voilier de location réservé par exemple à Palerme (les billets d’avion sont bon marché). Avis aux amateurs…

Mouillage à Filicudi, dans les iles Eoliennes (photo F. Augendre).