Porquerolles aller-retour en Swan 47

Depuis un an et demi que j’accompagne ce propriétaire dans la remise en état et la prise en mains de son Swan 47 âgé de près d’un demi-siècle, c’était ma première occasion de partir en croisière à son bord, de Marseille à Porquerolles et retour. En visitant au passage les Calanques, Les Embiez, Hyères, La Ciotat. Caboter sur la côte méditerranéenne dans les premiers jours de mai peut s’avérer un véritable bonheur, lorsque la météo se donne un air estival, que les mouillages sont encore pratiquement vides, et que la mer nous semble réservée.

Les Swan de l’époque, dessinés par le cabinet Sparkman & Stephens, sont des voiliers d’une grande élégance, et je ne compte plus les fois où nous avons été interpellés pour entendre que nous avions « un très beau bateau ». C’étaient aussi des voiliers de course-croisière plutôt efficaces pour les standards de l’époque, même si des unités beaucoup plus légères et moins aménagées commençaient déjà à les détrôner. Il se confirme que le Swan 47 pédale, en particulier aux allures près du vent. C’est une belle carène, bien équilibrée, sacrément lestée, et qui porte de la toile.

En rade Sud de Marseille. Après six semaines de catamaran, c’est pour moi le retour aux bateaux qui penchent !

Même si le cockpit paraît bien étriqué au regard des critères actuels, même si l’accès à la baignade est moins rapide et moins aisé que sur les monocoques d’aujourd’hui, même si le passage du pont au carré donne toujours cette impression de descendre à la cave, ces bateaux ont gardé un vrai charme, auquel la chaleur et le classicisme des aménagements n’est pas étranger non plus.

Cette virée d’une semaine aura été l’occasion de familiariser le propriétaire et sa petite famille avec la manoeuvre d’un bateau exigeant par certains aspects, dans les manoeuvres de port par exemple : avec un déplacement important, un effet de pas significatif, et en l’absence de propulseur d’étrave, les évolutions dans les passages resserrés réclament un minimum de méthode, de doigté, et d’anticipation.

Pour moi c’était aussi une façon de tester le bateau en situation et dans ses moindres détails, histoire d’allonger et de peaufiner la liste de tous les grands et petits travaux qu’il nous reste à entreprendre pour rendre cette belle unité parfaitement confortable et fonctionnelle. Rendez-vous en août pour la prochaine croisière, et dans l’intervalle le Swan est retourné à Marseille entre les mains des artisans que nous faisons intervenir sur ce beau projet.

C’étaient les débuts du projet, extraction du moteur pour révision de fond et remplacement des périphériques.